Les graines indociles

permaculture avr. 23, 2020

Semences libres, paysannes, reproductibles, hybride F1, BIO, ... Un peu perdu ? Eclaircissons tout cela ensemble !

On appelle semences paysannes - ou anciennes, libres, sauvages - les variétés de graines non-inscrites au catalogue national officiel des semences.

Oui, tous ces termes signifient ici la même chose ! Certaines semences reproductibles sont inscrites dans ce catalogue, mais elles sont encore très TRÈS rares.

La vente de semences non inscrites au catalogue est interdite par la loi, mais des organismes luttent contre cette interdiction - cette privation du vivant - et de nombreux jardiniers, maraîchers se fournissent en semences chez ces derniers puis échangent, donnent et multiplient ces mêmes graines.

Je pense que tu vois de qui je parle : Kokopelli, Germinance, Le Biau Germe, La Ferme de Ste Marthe, Semailles, ...

Les semences paysannes évoluent de génération en génération pour s’adapter au terroir, à l’écosystème, au climat de leur lieu de culture. Le paysan, comme le jardinier peut, et même doit, les conserver et les multiplier pour les adapter à son environnement au mode d’agriculture qu’il a choisi.

Chaque milieu de culture stimule des caractéristiques différentes au sein d’une même variété (résistance à une maladie, tolérance à un climat plus humide, adaptation à un autre type de sol, etc...). La biodiversité ne dépend pas seulement du nombre de variétés mais aussi de la diversité de gènes présents au sein de chacune d’entre elles.

Au bout de quelques années, pour éviter toute consanguinité préjudiciable à la biodiversité, le cultivateur doit pouvoir échanger ses semences avec d’autres, de la même variété, mais cultivées dans d’autres conditions.

Attention, le label BIO ne garanti aucunement des semences reproductibles.

Les semences hybrides F1 (toutes les semences que l’on retrouve dans le commerce, ou presque.) sont le résultat du croisement de deux "lignées pures". Pour simplifier, ce procédé diminue le patrimoine génétique des parents par consanguinité successives et permet de prévoir quels gènes vont être transmis à l’hybride F1, donc d’obtenir des individus presque identiques.

Photo de Marion Botella sur Unsplash

Stables et homogènes, les hybrides F1 bénéficient de plus de vigueur et de rendement à leur première génération. Mais dès la seconde, le rendement chute et la stabilité est perdue. Conserver une partie de la récolte comme semence n’est donc ni utile ni  rentable : selon un processus biologique décrit par les lois de Mendel, les plantes obtenues perdent les caractéristiques de la semence initialement achetée. De plus, la faible diversité du patrimoine génétique des hybrides F1 affaiblit la plante. Un rendement correct est donc conditionné à un mode de culture qui nécessite de nombreux intrants (engrais et pesticides).

C’est malheureusement ce système économique que l’on retrouve dans la très grande majorité des exploitations agricoles, horticoles, céréalières et maraîchères en France et à travers le monde. Ce modèle oblige les cultivateurs à acheter chaque année des semences et intrants, et garantit aux industries agroalimentaire un profit financier colossal.

Contrairement aux idées reçues, les hybrides F1 ne sont pas stériles mais dégénératives.

Simplement, il n’y a pas d’intérêt à semer les graines obtenues à partir d’une variété hybride.

Pourquoi ?

Parce que les plantes qui se développent à partir des semences de variétés hybrides seront différentes. Les plantes obtenues ne sont plus du tout homogènes : certains caractères des parents de départ réapparaissent au hasard. De plus, elles perdent de leur vigueur. Ce qui oblige quiconque cultive ces variétés de racheter chaque année toutes les graines qu’il souhaite semer, un inconvénient économique et écologique certain.

Attention, il ne faut pas confondre Hybride F1 et OGM, les hybrides F1 sont des semences issues de croisements, les OGM sont des semences issues d’une modification génétique artificielle.

Photo de Markus Spiske sur Unsplash

Ce qu'il faut retenir

  • Avec les semences hybrides F1, le paysan cultive les clones d’une unique plante. Avec les semences paysannes, il cultive une population de plantes génétiquement toutes différentes.
  • Il faut adapter le terroir aux hybrides F1 alors que ce sont les semences paysannes qui s’adaptent à leur environnement.
  • Même produite puis cultivée selon le cahier des charges de l’Agriculture Biologique, l’hybride F1 impose un mode de culture incompatible avec le renouvellement des ressources naturelles de la planète.


Par définition, l’utilisation des semences hybrides F1 n’est pas compatible avec la permaculture.


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